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Rencontre des chercheurs SEP

Cette année, la rencontre des chercheurs SEP a eu lieu le 30 octobre dans le cadre du congrès annuel de la Société Suisse de Neurologie, au Centre des congrès de BernExpo à Berne. La réunion, organisée par le Conseil scientifique de la Société SEP, a pour but de présenter à un public spécialiste intéressé les projets de recherche soutenus par la Société SEP.

La rencontre des chercheurs SEP a connu une forte affluence, avec environ 85 participants. Les groupes de recherche sont principalement venus de Bâle, Genève, Lausanne, Zurich et Berne. Dans son introduction, Dr Christoph Lotter, Vice-directeur de la Société SEP, a préci-sé que, cette année, davantage de moyens ont été investis dans la recherche SEP (environ 20% du budget annuel) par rapport aux années précédentes en raison du grand nombre d’excellentes requêtes de recherche reçues. Il a souligné que les dons de particuliers étaient essentiels pour promouvoir les projets de recherche sur la SEP, notamment dans ces périodes où l’obtention de moyens financiers était difficile. Il a également attiré l’attention sur la Journée suisse de la SEP au Puls 5 à Zurich, une manifestation qui aura lieu pour la première fois le 25 juin 2016 et qui devrait attirer de nombreuses personnes.

Dr Viktor von Wyl, Responsable du projet Registre national de la SEP (Swiss MS Registry, SMSR), a indiqué qu’un réseau devait être établi en collaboration avec la Société SEP, et regrouper les personnes concernées, les proches et des spécialistes issus de différents sec-teurs de la santé. Le but est d’enregistrer le plus grand nombre possible de personnes at-teintes de SEP, y compris celles ne suivant aucune thérapie. Le Registre devrait contribuer à mieux comprendre la maladie de la SEP et ses conséquences sur la vie quotidienne en Suisse mais aussi à faciliter les études épidémiologiques. Les données de chacun seraient protégées, c’est-à-dire qu’elles seraient traitées de manière anonyme.

Exposés – des cellules naturelles tueuses à la résonance magnétique

Au total, 21 projets de recherche ont été présentés avec des posters et 14 exposés ont été menés. De brefs exposés ont été donnés par Dr Nicolas Page (groupe de travail du Pr Dr Doron Merkler à Genève), Madame Aurélie Clottu (groupe de travail du Pr Dr Caroline Pot à Lausanne), PD Dr Ruth Lyck (Bâle), Pr Dr Ludwig Kappos, qui a présenté les travaux du Dr Regina Schlaeger (Bâle), Monsieur Benjamin Ineichen (groupe de travail du Pr Dr Martin Schwab à Zurich), Madame Carla Lippens (groupe de travail du Pr Dr Stéphanie Hugues à Genève), Pr Dr Walter Reith, qui a présenté le projet du Dr Kerstin Sarter (Genève), Ma-dame Mahdia Benkhoucha (groupe de travail du Pr Dr Patrice Lalive à Genève) et Dr Anne-Kathrin Pröbstel (groupe de travail du Pr Dr Tobias Derfuss à Bâle). Les études, intéres-santes, ont traité différents thèmes, depuis les travaux fondamentaux (modèles animaux ex-périmentaux et cultures cellulaires) aux examens cliniques. Par exemple, Dr Page a dévelop-pé un modèle qui aide à mieux comprendre ce qui amène les cellules tueuses T (sous-groupe de globules blancs) à attaquer et à endommager les tissus nerveux. Pr Dr Kappos a,lui, présenté une étude clinique qui examine une méthode d’imagerie médicale à résonance magnétique pour représenter et mesurer la perte de tissu dans la moelle épinière de personnes atteintes de SEP, ainsi qu’un possible biomarqueur pour la progression de la maladie.

De nouvelles approches thérapeutiques possibles

Pr Dr Hartmut Wekerle (Munich), Pr Dr Roland Martin (Zurich) et Pr Dr Kappos (Bâle) sont intervenus en tant qu’orateurs principaux du Congrès de neurologie. Pr Dr Wekerle a présenté un exposé sur la possible influence du microbiome (l’ensemble des divers microorganismes) de la flore intestinale sur la maladie de la SEP. Ces dernières années, l’interaction entre la flore intestinale et le système immunitaire, en particulier dans l’auto-immunité, apparaît de plus en plus évidente. A l’aide d’un modèle murin de la SEP, Pr Dr Wekerle a montré que la composition du microbiome peut influencer l’évolution de la maladie dans ce système expérimental. Il pense donc que la manipulation du microbiome pourrait éventuellement aboutir à une nouvelle approche thérapeutique.

Pr Dr Martin a donné un bel aperçu de la portée des facteurs immunologiques dans l’apparition de la SEP. Il a notamment parlé des «Risk Alleles» (allèles de prédisposition), c’est-à-dire des génomes qui recèlent un risque accru de développer une maladie SEP. Il a également cité des facteurs environnementaux qui pourraient jouer un certain rôle dans les poussées de SEP – par exemple une infection par le virus d’Epstein-Barr (EB), la vitamine D, le tabac et l’obésité ou encore le rôle de la mélatonine («hormone du sommeil») –, ce qui est mis en lumière dans de nouveaux travaux de Mauricio Farez et de ses collègues. De plus, Pr Dr Martin a décrit de nouvelles approches thérapeutiques appelées rituximab ou ocrélizumab, qui ôtent les lymphocytes B (un autre sous-groupe de globules blancs) du corps. Une nouvelle étude canadienne, publiée dans «Science Translational Medicine», montre que le traitement pourrait être efficace, en partie tout du moins, en désactivant les cellules B nuisibles (productrices du facteur de stimulation des colonies de granulocytes et de macrophages [GM-CSF]). En conclusion, Pr Dr Kappos a donné un aperçu intéressant des études cliniques sur de nouvelles thérapies SEP. Il a notamment présenté les résultats de l’étude DECIDE, parue récemment. Cette dernière établit une comparaison entre l’interféron et l’effet de réduction des poussées grâce au daclizumab injecté chaque mois par voie sous-cutanée. Le daclizumab
influence les cellules immunitaires en se liant à l’une de leurs molécules de surface (CD25 ou récepteur interleukine 2). L’étude a indiqué une meilleure efficacité du daclizumab quant à la réduction du nombre de poussées annuelles de SEP. En outre, Pr Dr Kappos a dressé un résumé des nouvelles intéressantes du congrès ECTRIMS 2015, qui a eu lieu à Barcelone début octobre 2015 (ECTRIMS: European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis). L’un des temps forts a été la présentation de l’étude ORATORIO, qui montre les effets positifs de l’ocrélizumab dans le traitement de la SEP progressive primaire par rapport à un effet placebo.

Distinction de Felix Hartmann

Le Poster Award du meilleur poster (500 CHF, parrainé par la Société suisse SEP) a été dé-cerné à Monsieur Felix Hartmann, membre du groupe de travail du Pr Dr Burkhard Becher (Zurich). Il utilise dans ses travaux la technologie de la cytométrie de masse, relativement nouvelle. Il s’agit d’un procédé de mesure automatisé qui analyse les caractéristiques des cellules à l’aide de rayons laser. Concrètement, il examine la production de cytokines chez les patients atteints de SEP. On peut ainsi identifier quelle combinaison de cytokines (fac-teurs de stimulation) produit les cellules T auxiliaires (un type de globules blancs), spécifi-quement présentes chez les personnes atteintes de SEP.

La réunion, conviviale, a entraîné de nombreuses questions et discussions fructueuses et reflète la recherche interdisciplinaire sur la SEP en Suisse.

Texte: Dr Bettina Schreiner (Hôpital universitaire de Zurich et Université de Zurich) et Pr Dr Melanie Greter (Université de Zurich)

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