Comprendre le rôle des microglies dans la sclérose en plaques progressive grâce aux cellules souches pluripotentes induites

Questions à Sylvain Perriot

Quelle est l'hypothèse de votre projet ?

Notre projet repose sur l’idée que les cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, jouent un rôle clé dans la progression de la sclérose en plaques progressive (PMS). Nous pensons que ces cellules ont des différences intrinsèques chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, ce qui favorise un environnement inflammatoire basal et contribue activement au développement de la sclérose en plaques. 

De plus, nous pensons que ce différences sont exacerbées lors de stress et situations inflammatoires, ce qui génère une réponse abnormale, disproportionnée et délétère pour le cerveau de façon chronique. 

Nous pensons que ces différents éléments contribuent fortement à causer l’inflammation, la neurodégénérescence et la détérioration des fonctions neurologiques chez les patients atteints de PMS.

Comment procédez-vous pour vérifier votre hypothèse?

Pour tester cette hypothèse, nous allons utiliser une technologie innovante : les cellules souches pluripotentes induites (hiPSC). Ces cellules, issues de patients atteints de PMS, seront transformées en microglies en laboratoire. 

En les comparant avec des cellules similaires issues de personnes en bonne santé et d’autres maladies neurodégénératives (comme Alzheimer), nous allons étudier leur fonctionnement, leur capacité à générer de l’inflammation et leur impact sur la santé neuronale.

Qu'est-ce qui doit changer grâce à votre projet, et pour qui?

Ce projet pourrait permettre de mieux comprendre pourquoi la PMS progresse et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour ralentir la maladie. En apportant des connaissances précises sur le rôle des microglies, nous pourrions ouvrir la voie à de futurs traitements pour les patients atteints de PMS, qui aujourd’hui ont très peu d’options médicales.

Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement dans la recherche?

Ce projet est fascinant car il s’appuie sur des avancées scientifiques de pointe pour répondre à un problème médical majeur. L’idée de pouvoir recréer des cellules cérébrales à partir de cellules sanguines et de les utiliser pour comprendre une maladie aussi complexe que la sclérose en plaques est révolutionnaire. 

De plus, en réunissant plusieurs disciplines – neurologie, immunologie, biologie cellulaire – nous avons une approche complète et novatrice.

Décrivez votre parcours:

Titulaire d’un doctorat en sciences de la vie et d’un doctorat en pharmacie, j’ai développé une solide expertise en neuroinflammation, cellules souches et maladies neurodégénératives au travers de mes différentes expériences professionnelles. 

J’ai également pu m’initier au monde de l’entreprenariat, passage clé pour permettre la transition de la recherche fondamentale vers une application concrète pour améliorer la prise en charge des patients. 

Je dirige actuellement plusieurs projets de recherche translationnelle sur la sclérose en plaques et d’autre maladies comme Alzheimer ou la démence frontotemporale au sein du CHUV.