Vieillir avec la SEP: adapter le traitement au fur et à mesure de l'évolution de la maladie
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L'objectif principal du traitement de la sclérose en plaques (SEP) est de contrôler au mieux l'activité de la maladie et d'en empêcher la progression. La manière dont cet objectif est atteint a toutefois radicalement changé. Il y a encore quelques années, le traitement n'était instauré qu'après une deuxième poussée et, en cas d'activité persistante de la maladie, on passait progressivement à des traitements plus puissants.
Aujourd’hui, en revanche, on privilégie le concept d’un début de traitement aussi précoce que possible, avec l’utilisation de médicaments hautement efficaces. Cette stratégie, appelée «Hit hard and early», repose notamment sur une compréhension toujours meilleure de l’évolution de la SEP. On sait ainsi aujourd’hui qu’il est plus facile de prévenir la progression de la maladie si l’activité inflammatoire associée à la SEP – qui existe généralement même en l’absence de symptômes immédiatement perceptibles – est supprimée le plus tôt possible.
Vieillir avec la SEP pose de nouveaux défis
La SEP est généralement diagnostiquée au début de l’âge adulte. Aujourd’hui, environ la moitié des personnes suivant un traitement contre la SEP ont plus de 50 ans. Beaucoup d’entre elles sont donc sous traitement médicamenteux depuis des années, voire des décennies. L’âge a également une influence sur l’évolution de la maladie. Les poussées sont moins fréquentes et l’IRM révèle moins de nouvelles lésions inflammatoires. Si une poussée survient malgré tout, les personnes âgées se rétablissent souvent moins bien, et la maladie peut entraîner plus rapidement des séquelles permanentes. Parallèlement, le système immunitaire subit des modifications – un processus appelé immunosenescence. Cela peut augmenter le risque d’infections.
Dans ce contexte, la question se pose de plus en plus chez les personnes âgées atteintes de SEP de savoir si un traitement intensif doit être poursuivi sans changement pendant de nombreuses années – ou s’il existe des situations dans lesquelles une adaptation du traitement peut être judicieuse. Indépendamment de l’âge, des effets secondaires, des comorbidités telles que des maladies cardiovasculaires ou métaboliques, ou une «lassitude thérapeutique» générale peuvent également conduire à une remise en question du traitement existant.
Différentes possibilités d’adaptation du traitement
Il existe différentes possibilités d’adapter le traitement de la SEP. On entend par «désescalade» une réduction ciblée de l’intensité du traitement. Cela peut signifier réduire la dose, allonger les intervalles entre les traitements ou passer à un médicament présentant un profil d’effets secondaires différent, mais dont l’efficacité est éventuellement légèrement moindre. Les premières études sur ces stratégies indiquent que la maladie peut rester stable pendant un certain temps, même en cas de réduction de la dose ou d’allongement de l’intervalle entre les traitements.
Il convient de distinguer la désescalade d’un arrêt définitif du traitement ou d’une pause temporaire, par exemple dans le cadre d’un projet de famille. L'arrêt complet n'est pas possible de la même manière pour tous les médicaments. Avec certains traitements, l'arrêt peut entraîner un «rebond», c'est-à-dire une nouvelle poussée de SEP, parfois plus intense. Une stratégie préventive possible consiste à passer d'abord à un traitement de durée limitée, puis à l'arrêter.
Prendre la décision ensemble
Il n'existe à ce jour aucune recommandation claire et universellement applicable concernant l'ajustement du traitement. Les décisions relatives à la réduction de la dose, à l'allongement de l'intervalle entre les prises ou à l'arrêt du traitement doivent donc être prises au cas par cas, en fonction de l'activité de la maladie, de l'âge, des comorbidités, de la situation personnelle et des objectifs thérapeutiques individuels. En cas de rechute, le choix de l'option thérapeutique la plus appropriée pour la reprise du traitement est décidé conjointement.
Le Prof. Dr méd. Christian Kamm est co-chef du service de neurologie et de neuroréadaptation à l'Hôpital cantonal de Lucerne.
Stefanie Müller est médecin-cheffe à l'hôpital cantonal de Saint-Gall, HOCH Health Ostschweiz.
«MS State of the Art Symposium»
Le «MS State of the Art Symposium» est le plus grand congrès spécialisé de Suisse consacré à la sclérose en plaques, organisé par la Société suisse SEP et son Conseil médico-scientifique. En 2026, l’événement s’est tenu le 26 janvier au KKL de Lucerne.