Différence liée au sexe du patient lors de l'arrêt du traitement par fingolimod

Focus sur la recherche

Après l’arrêt du fingolimod, les femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP) semblent présenter un risque plus élevé de réactivation de la maladie que les hommes. Une étude du groupe de recherche du Prof. Robert Hoepner, Berne, apporte également de nouvelles pistes pour expliquer cette différence.

Après l’arrêt du fingolimod, les femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP) semblent présenter un risque plus élevé de réactivation de la maladie que les hommes. Une étude du groupe de recherche du Prof. Robert Hoepner, Berne, apporte également de nouvelles pistes pour expliquer cette différence.

Contexte

Après l’arrêt du fingolimod, une réactivation de la SEP peut survenir chez certain·e·s patient·e·s. Les mécanismes responsables restent encore mal compris. Le groupe de recherche a cherché à déterminer si le sexe pouvait influencer ce risque. 

Étude actuelle

Plusieurs approches ont été combinées: l’analyse de huit études regroupant 2'579 personnes atteintes de SEP, les données de deux grands registres de notification des effets indésirables des médicaments (pharmacovigilance), un modèle expérimental chez la souris et l’analyse de biopsies cérébrales humaines. 

Résultats

Les femmes présentaient globalement un risque plus élevé de réactivation après l’arrêt du fingolimod. Cette observation a été retrouvée dans les études publiées et les registres de pharmacovigilance. Chez la souris, la réactivation était également plus sévère chez les femelles. Enfin, les analyses suggèrent qu’une régulation différente du récepteur S1PR1, impliqué dans le déplacement de certaines cellules immunitaires, pourrait contribuer à cette différence. 

Conclusion

Le sexe féminin pourrait donc constituer un facteur de risque de réactivation de la SEP après l’arrêt du fingolimod. Une meilleure compréhension de ces différences pourrait permettre à l’avenir de mieux personnaliser la surveillance et les changements de traitement. 

Mise en contexte des résultats

Ces résultats ne signifient pas que toutes les femmes présenteront une réactivation après l’arrêt du fingolimod. Ils suggèrent plutôt que le sexe pourrait être un facteur parmi d’autres à prendre en compte lors de l’arrêt ou du changement de traitement. Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer les mécanismes observés et déterminer leur importance pour la prise en charge individuelle.

Ces travaux de recherche ont été menés grâce au soutien financier de la Société suisse de la sclérose en plaques. Plus d’informations sur le projet.

 

Lien vers l’étude

Higher disease reactivation risk in women after fingolimod withdrawal

Publié dans: Acta Neuropathologica Communications, 2026