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Soirée d’information: Alimentation – Microbiote et SEP

Les origines de la SEP sont multifactorielles et les facteurs environnementaux sont au centre de nombreuses recherches. Qu’en est-il du lien possible entre la flore intestinale et la SEP?  La Prof Caroline Pot s’est penchée sur ce sujet lors de la soirée d’information du 22 janvier 2019.

L’intestin n’est pas qu’un grand tuyau. Il renferme 1 à 2 kg de bactéries, dont au moins 1000 espèces, 100'000 milliards de microorganismes et 3 millions de gènes, connus sous le nom de flore intestinale ou encore microbiote intestinal. Cette flore se forme durant les premières années de vie et elle se diversifie avec l’âge. Les bactéries transforment les aliments en métabolites qui vont circuler dans tout le corps. L’intérêt pour ce domaine de recherche est croissant, il se focalise sur la corrélation entre la dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale) et les maladies chroniques inflammatoires. Des groupes de bactéries protectrices et d’autres plus inflammatoires sont identifiées. En cas de SEP, certaines  bactéries anti-inflammatoires seraient en déficit. En 2017, une étude italienne (San Raffaele Hospital, Milan Italie : G. Comi) a démontré la relation entre des cellules intestinales, étudiées par biopsie, l’altération du microbiote intestinal et l’activité inflammatoire dans la SEP.

Le dialogue entre le cerveau et les intestins est ainsi de plus en plus une évidence. Mais peut-on influencer notre microbiote? Les liens entre les différents types de flores et l’alimentation semblent déjà confirmés mais aucun régime alimentaire spécifique ne peut encore être recommandé aujourd’hui sur des bases scientifiques pour la SEP.  Il est donc conseillé de manger sainement: aliments frais, fruits et légumes, respecter la pyramide alimentaire, limiter le sel, privilégier les bonnes graisses, préférer les viandes blanches. Il est également conseillé de demander un suivi avec un professionnel avant de faire de gros changements dans son régime alimentaire ou de pratiquer des jeûnes réguliers ou intermittents afin de limiter l’apparition de carences alimentaires.

Une étude, nommée SwissChronoFood est actuellement menée au CHUV par le Dr Tinh-Hai Colet. Elle se penche sur le rythme alimentaire des Suisses dès l’âge de 12 ans sur un cycle de 24 heures et veut expliquer comment le rythme auquel on s’alimente peut perturber ou non notre métabolisme. En collaboration avec l’équipe du Dr Tinh-Hai Collet, la Prof. Pot dirige une étude parallèle, financée par la Société SEP,  sur le même thème mais directement auprès de personnes atteintes de SEP.

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